Les systèmes d’information sont souvent des structures complexes qui doivent répondre à des objectifs, optimiser des variables et respecter beaucoup de contraintes. Comme un pont ou un immeuble, un système est conçu suivant un plan qui définit tous ses éléments. On parle ici de l’architecture du système.
Et parce que tout SI se compose de plusieurs couches, il a fallu développer des méthodologies pour concevoir l’architecture de chaque couche, tout en conservant une harmonie de l’ensemble. Il existe ainsi 4 types d’architecture dans chaque système.
Le DAT (document d’architecture technique) est un document réalisé par un architecte technique. Il définit et documente tout ce qu’il faut faire et mettre en place pour réussir la mise en œuvre de l’architecture, en vue d’atteindre les objectifs et respecter les différentes contraintes.
Il explique exactement quelles ressources techniques (serveurs, machines, réseaux, protocoles, etc.) sont nécessaires pour répondre aux besoins et comment elles doivent être implémentées au sein du SI, pour une garder la performance, stabilité, sécurité, etc.
Il existe plusieurs formats de DAT, qui vont de quelques pages avec des schémas aux rapports complets et formels de plus de 100 pages. Il faut savoir cependant qu’il s’agit d’un document vivant, conçu pour être consulté, commenté, évalué et validé par les différentes parties prenantes.
Selon les besoins de l’organisation et le contexte de sa réalisation, le DAT joue un ensemble de rôles essentiels.
# – Contexte : besoins fonctionnels et non fonctionnels Cette section permet de cadrer le projet et définir ses objectifs et contraintes.
Les besoins fonctionnels de l’architecture concernent ce que doit permettre de faire celle-ci, pour quels utilisateurs et la façon dont elle doit fonctionner.
Les besoins non fonctionnels sont les contraintes techniques que l’architecture doit respecter (critères de sécurité, nombre d’utilisateurs, puissance de calcul, etc.).
# – La représentation opérationnelle Elle décrit le fonctionnement de l’architecture d’un point de vue opérationnel. Vous répondez à ce niveau à des questions telles que “Comment seront utilisées les données ?”, “Où vont-elles être sauvegardées ?”, “Qui a accès à quoi ?”, etc.
# – La représentation fonctionnelle C’est à ce niveau que sont analysés et traduits les besoins fonctionnels du système. Dans cette partie, vous répondrez à des questions telles que “Que doivent faires les applications ?”, “Quelles données doivent être manipulées ?”, etc.
# – La représentation applicative Les besoins fonctionnels étant bien appréhendés, il est à présent possible de les traduire en fonctionnalités logicielles concrètes, en déterminant les dépendances entre celles-ci.
# – La représentation technique Aussi appelée architecture infrastructure. C’est le socle sur lequel se base tout le système et dont la définition des caractéristiques dépend de la compréhension des besoins exprimés au niveau des étapes précédentes.
La représentation technique permet donc de définir les solutions optimales de mise en place de l’infrastructure pour garantir la protection et la stabilité du système, avec l’allocation de suffisamment de ressources de calcul, stockage et réseau.
# – Le choix de l’architecture Selon les différentes analyses déjà effectuées, vous allez pouvoir maintenant opter pour une architecture ou une approche pour mettre en place le système.
Vous définissez votre choix et expliquer les raisons qui vont ont poussé à le faire, en citant quelques alternatives possibles.
# – Le planning de réalisation Après avoir cerné les différents enjeux techniques de l’architecture, vous pouvez maintenant définir les tâches qui doivent être exécutées pour la mettre en place, et par qui. Vous pouvez concevoir un premier calendrier pour organiser le déroulement des tâches du projet dans le temps.
# – Les risques et coûts Aucun système n’est infaillible. Vous pourrez, pendant la phase d’analyse, trouver des sources de risques potentielles dans l’architecture.
Les risques identifiés doivent être classés selon leur impact sur le bon fonctionnement du système, la probabilité de leur concrétisation et les moyens de résolutions possibles.
La contrainte financière est l’une des plus importantes que doit respecter l’architecture et doit être traitée dans le DAT, avec l’estimation des coûts de mise en place, ainsi que la maintenance et l’exploitation de l’architecture choisie.
Le DAT est rédigé par un architecte technique, souvent assisté par plusieurs experts système et autres parties prenantes. Mais c’est un document essentiel pour toute entreprise qui souhaite mettre en place ou faire évoluer son infrastructure informatique.